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ROLAND JV-880

Multitimbral Synthesizer Module

ROLAND JV-880

Les sonorités du JV-880 sont très typiques, ça sonne Roland. Les "Patches" sont classés par groupes d'instruments: Piano, Organ, Guitar, Bass, String, Vox, Brass, Pad, etc., mais ce n'est pas un classement GM. Dans ces groupes, on trouve des instruments acoustiques - des bons: guitares sèches, "Strings"… et des moins bons: pianos, vents - ou synthétiques: la synthèse produit des timbres et textures très intéressants. Et dans les basses, ça le fait grave… Deux groupes de "Preset" (A et B) sont dans une banque de 128 programmes non modifiables et un groupe de 64 "Internal" (programmes utilisateur), et éventuellement 64 autres programmes utilisateur sur carte RAM (Data CARD M-256E) sont regroupées dans la seconde banque. Ces banques peuvent être sélectionnables via le message MIDI "Bank Select". Les Patches, en sortie d'usine, piochent dans les 129 "Waveforms" de base. Le JV-880 peut recevoir une "Expansion Board" (carte d'extension à monter à l'intérieur du synthé, comme une carte fille) de la série SR-JV80 lui permettant d'avoir 8 Mo (16 Mo non compressé) d'autres sonorités (Waveforms et Patches) et une carte SO-PCM1 contenant aussi des Waveforms et des Patches dans 2 Mo (4 Mo non compressé). Dans les patches d'usine, j'ai noté quelques programmes intéressants comme le Pad "B59: JP-8 Pad", l'Evolutif "I34: JV Heaven" ou les Cordes "B04: SoarinString" qui ne sont pas sans me rappeler la carte SN-U110-13 "Super Strings"… L'édition est facile et on retrouve vite ses marques si on a déjà utilisé des synthés ou modules sonores Roland. Du reste, le manuel est très bien fait. Il y a des paramètres croustillants comme le PATCH Analog feel, le WG FXM, le WG Random pitch, le filtre LPF ou HPF, le TVF resonance, le TVF cutoff, le LFO offset, les deux LFO ou la pléthore de paramètres des sons de percussions (WG, Pitch ENV, TVF, TVF ENV, TVA, TVA ENV). Attention ! la polyphonie peut vite chuter: certains presets sont gourmands en nombre de "Voice" (générateurs). L'élément de base de la synthèse du JV-880 s'appelle un "Tone" dans la terminologie Roland et correspond à un oscillateur. Un "Patch" peut être composée de un, deux, trois ou quatre "Tone". Dans les trois derniers cas, la polyphonie est divisée par deux ou trois ou quatre (14, 9 ou 7 voix). Une "Performance", dans le jargon Roland, correspond à une combinaison multitimbrale de 8 parties (7 patches et le canal rythme). Pour ces raisons, 28 voix de polyphonie c'est un peu juste… Heureusement que le JV-880 est doté de la fonction d'allocation de réserve de voix. Du côté de la modulation, le JV-880, comme le JV-80 dont il est issu, ne se prive de rien. Trois sources de modulation (molette, aftertouch et pédale d'expression) peuvent être affectées au pitch, cutoff, résonance, niveau, LFO du pitch 1 et 2 et du filtre 1 et 2, TVA, et à la vitesse des deux LFO, ceci pour chacun des quatres Tones. La section d'effets de bonne qualité est affectée à la sortie principale (MAIN OUTPUT), et elle est désactivée lorsqu'on utilise la seconde sortie stéréo (SUB OUTPUT) pour avoir quatre sorties (4OUT). Cette inhibition des effets Chorus et Reverb n'est pas catastrophique et pourra être facilement contournée par l'utilisation d'un multi-effets externe via une table de mixage, par exemple. Sinon, en mode Performance l'intensité de la Reverb et du Chorus sont ajustables pour chaque Part. La fonction "Scale Tune" permet de régler précisément et individuellement les hauteurs des notes d'une octave (de “do” à “si” ou “C” à “B”). Les réglages fait ici s'appliquent à la totalité du clavier, pour une ou plusieurs Parts dans une Performance. Cette fonction rend possible des accords autres que le tempérament égal habituel. On peut alors configurer des gammes microtonales pour la World Music, gammes arabes… ce qui est très intéressant. Le JV-80 (le clavier) a été utilisé par Francis Rimbert, Lorin Rowan, Eat Static... le JV-880 a été utilisé par Rod Anderson, Gordon Braun, Debbie Johnson, Jani Mangini (einstein), Nick Magnus, Marvin Sanders, Jim Santos, Klaus Schulze, John Walker...

Constituant la majeur partie des instruments électroniques actuels, la lecture d'échantillons est un moyen facile de fabriquer des synthétiseurs à synthèse soustractive. En effet, plutôt que de fabriquer des formes d'ondes originales et évolutives, on s'est dit qu'il était intéressant de stocker une multitude d'échantillons sonores et de s'en servir de base pour créer des timbres complexes. Cette technique a rendu très réalistes les instruments basés sur ce principe. A cause du caractère reconnaissable d'un certain nombre d'échantillons, il est parfois difficile de créer des sons radicalement nouveaux. Elle n'est pas a proprement parler une véritable synthèse.

Le principe de la synthèse soustractive consiste à filtrer des signaux riches en harmoniques. Simple à mettre en oeuvre et économique, la synthèse soustractive s'est naturellement imposée sur les premiers synthétiseurs, dès les années soixantes. La synthèse soustractive peut prendre une autre source que le classique oscillateur délivrant des formes d'ondes périodiques simples, que celui-ci soit analogique ou numérique. A partir de la fin des années quatre-vingts, nombre de synthétiseurs soustractifs ont utilisé des échantillons numériques comme source de synthèse. Il peut s'agir d'échantillons d'instruments acoustiques ou électriques, pris séparément (piano, basse, orgue...) ou enregistrés ensembles (section de cuivres, de cordes...), mais également de voix ou de bruits divers. L'efficacité d'un filtre est fonction de sa pente, encore appelée "rolloff" ou "slope", exprimée en décibels par octave (dB/octave) ou en pôle. Le terme "pôle" fait référence au schéma typique d'un filtre ayant une pente de 6 dB/octave. Ainsi, on trouve des filtres 1 pôle, 2 pôles (12 dB/octave), 3 pôles (18 dB/octave) et 4 pôles (24 dB/octave). Additionner les pôles revient à placer des filtres identiques en série. On attribut à Robert Moog l'idée de mettre en série quatre filtres passe-bas, schéma désigné sous le terme de cascade de Moog. Sur un synthétiseur soustractif, deux paramètres principaux permettent d'ajuster l'effet de filtrage : la fréquence de coupure qui est la fréquence à partir de laquelle le filtre va entrer en action, et la résonance (disponible sur certains instruments), qui permet de faire entrer le filtre en auto-oscillation. Celui-ci se comporte alors comme un oscillateur. Il est également possible de modifier l'évolution temporelle de l'effet en adjoignant au filtre une enveloppe d'amplitude.

L'expression en temps réel ! Moduler signifie intervenir sur certains paramètres du son, soit de manière interactive, de la même manière qu'un instrumentiste avec la vélocité, la pression, le Pitch bend, le Breath Controller ou n'importe quel contrôle MIDI, soit au moyen d'un effet prédéfini : enveloppe, LFO… La modulation matricielle est en fait, comme avec la synthèse vectorielle, plus un système de contrôle du son et permet de modifier ou de créer l'allure du timbre final par des processus électroniques. A l'instar des synthétiseurs modulaires, composés de divers modules connectables entre eux, la modulation matricielle permet de créer des connexions variées entre les modules du synthé (LFO, enveloppes, etc.). Il s'agit en fait d'une méthode extrèmement flexible de contrôle du son, permettant d'assigner la plupart des contrôleurs de l'instrument (clavier, molettes, enveloppes...) à des paramètres sensibles (filtre, LFO, amplificateur...). Sur les anciens modulaires, tel le Moog 55, il fallait brancher ("patcher") physiquement avec des câbles entre les modules ou insérer des fiches sur une matrice : jonction en X et Y (souces en lignes, destinations en colonnes) comme sur le EMS VCS3; d'où le nom de "matricielle". Sur les machines modernes sont déjà prépatchés la molette au LFO et le Bender au Pitch (hauteur de la note). Aujourd'hui, l'affectation des modules entre eux s'effectue par logiciel. Les synthétiseurs intégrant la modulation matricielle offrent généralement une souplesse d'utilisation et une palette de possibilités créatives très étendues.



Caractéristiques techniques

Date de commercialisationJuillet 1992
Type de synthèseSoustractive, échantillons
RésolutionRS-PCM
18 bits D/A
Mémoire4 Mo* de données d'ondes
129 formes d'ondes,
dont 45 de percussions
*8 Mo en format non compressé
ClavierN/A
Expression MIDIVélocité d'attaque ET de relâchement,
After Touch (canal)
Portamento (avec Legato)
Expression
Sustain
Programmes, Timbres, Singles, Voices (presets/progr.)128/64
(+64 programmes sur carte RAM)
Combis, Patches, Performances, Multi (presets/progr.)32/16
(+16 performances sur carte RAM)
Afficheur2 lignes de 24 caractères LCD
Polyphonie28 voix
Nombre d'oscillateurs/générateurs28 générateurs
Multitimbral8 voies (7 + rythmes)
Sons de batterieOui: 3 kits
(2 presets + 1 user)
(+1 sur carte RAM)
EffetsReverb/Delay, Chorus
SéquenceurNon
Stockage externeCarte RAM, PCM, SysEx
MIDIIN, OUT, THRU
Sorties audioStéréo avec effets ou 2 x stéréo sans ("dry")
OptionsCartes PCM série SO-PCM1
Cartes DATA série PN-JV80
Cartes RAM série M-256E
Expansion série SR-JV80
CompatibilitéSysEx JV-80, JV-90,
JV-1000

/!\ Il est dommage que la pléiade de patches contenus dans une SR-JV80 soient à charger dans la mémoire interne (I01 - I64) ou sur carte RAM (C01 - C64) par paquet de 64 ou individuellement. Il aurait été mieux qu’ils soient adressables directement sur le média comme Roland le faisait sur le U-110, par exemple. Du coup, on a toujours, et uniquement, 64 programmes de disponibles par banque utilisateur (ce mal sera réparé avec la descendance incarnée par le JV-1080 et JV-2080). Toutefois, dans la programmation des Tones, les Waveforms d'une "Expansion Board" sont adressables en totalité ;-) .

La version clavier du JV-880 est le JV-80, qui est sortit en février 1992. Le JV-880 aura une filiation "musclée" avec le JV-1080, le JV-2080 (64 voix de polyphonie, compatible GM, 4 ou 5 banques de 128 presets, 4 ou 8 slots pour Expansion Board, Chorus et Reverb, 1 ou 3 sets de 40 FX…) et le petit JV-1010 (1023 patches, qu'une Expansion Board…). Ils font partis de la famille JV/XP.

Mac talk Vous voulez écouter les démos du Roland JV-880 ? Alors cliquez sur le bouton ci-dessous.


Voir le Manuel utilisateur du JV-880 (Owner's Manual en langue française) pdf (8,2 Mo) FR

Voir la procédure de tests et reset du JV-880.

MacTalkSR-JV80 Series  J'ai remplacé les Roland D-110, U-110 et S-330 par ce module qui a des sons bien plus intéressants (et plus propres). J'ai également remplacé le M-VS1 par la carte d'extension SR-JV80-04 « Vintage Synth » Roland qui ajoute 255 Waveforms ainsi que 255 Patches supplémentaires au JV-880. Ce qui me permet de retrouver ma palette de sons “Oldies” (but goodies) comme, entre autres, le fantastique Mellotron M-400 avec ses samples de "Flute" "Violin" et "Choir"; sans oublier les Solina ARP, Rhapsody Elka, PPG Wave, PS Korg, CS Yamaha, Prophet 5 SCI, MiniMoog, SH, Jupiter, Juno, D-50, GR-500 et autres GR-300, miam… Les noms s'affichent clairement sur l'afficheur et je n'ai plus besoin de me souvenir des numéros de Patches ou de sortir la "Patch List" pour retrouver un son, comme avec le M-VS1. Je peux aussi les éditer et personnaliser, alors que sur le module de la série Sound Expansion c'était mission impossible !

sheckmark En savoir plus sur les "Expansion Board"…


Ouvrir la page de David Peters sur des ressources JV/XP: différences entres les modèles, trucs et astuces, utilisation des SysEx… (pages en anglais) EN

Ouvrir la page de Benjamin Tubb sur les JV/XP: programmation, ses compositions… (pages en anglais) EN

JV XP Webring
Le Web ring JV/XP

MacTalk Aujourd'hui (décembre 2005), j'utilise les sons de batterie du JV-880 à la place du R-8M. Le JV a moins de sorties séparées que le R-8M mais il m'offre une autre palette sonore. J'ai installé l'extension SR-JV80-10 qui est pleine de sons convainquants. Et le JV880 vient en appoint du JV1080 pour certains sons chromatiques, et notamment les basses de l'expansion board “Bass and Drums”.


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