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ROLAND JV-1080

Super JV

ROLAND JV-1080

Après avoir goûté aux possibilités du JV-880, j'ai ressenti le besoin d'aller plus loin dans les potentialités de la série JV. Mon choix c'est porté sur le roland JV-1080. Avec une polyphonie de 64 voix, une multitimbralité de 16 parties (voies) et 640 Patches prêts à l'emploi, le JV-1080 fait plus que doubler les possibilités de son aîné. Et ce n'est pas tout, je peux installer jusque quatre cartes d'extension SR-JV80. Le JV-1080 intègre un multi-effets en insertion — 1 effet possible sur les 40 proposés — en plus de la reverb et du chorus déjà présents sur les modèles précédents de la série JV. Ce multi-effets se synchronise sur l'horloge interne ou MIDI ("MIDI Clock"), les LFO aussi d'ailleurs. Le JV-1080 est le premier instrument électronique à utiliser un processeur RISC 32 bits. « Celui-ci effectue les calculs plus rapidement qu'un processeur "classique" afin d'avoir une grande réactivité et interactivité aux modifications de réglages pendant le jeu: contrôle des filtres, des enveloppes, etc. en temps réel. », dixit Roland.

Pour les sons proposés dans les 4 banques Preset de 128 programmes, il y en a pour tous les goûts. Une des banques est au standard GM afin de pouvoir jouer (écouter) des séquences MIDI. Une banque User de 128 programmes permet de personnaliser les sons, et éventuellement 64 ou 128 autres programmes utilisateur sur carte RAM (Data CARD Roland M-256E ou M-512E). Ces banques sont bien évidemment sélectionnables via le message MIDI "Bank Select". Il y a 10 configurations de percussions (Rhythm Set), dont 2 "Utilisateur" (et plus sur carte RAM). Les Patches, en sortie d'usine, piochent dans les 448 "Waveforms" de base (255 en mémoire interne A et 193 en mémoire interne B). Le JV-1080 peut recevoir jusque quatre "Expansion Board" de la série SR-JV80 - carte d'extension à monter soi-même à l'intérieur du synthé, comme une carte fille - lui permettant d'avoir jusqu'à 32 Mo (64 Mo non compressé) d'autres sonorités (Waveforms et Patches) et une carte SO-PCM1 contenant aussi des Waveforms et des Patches dans 2 Mo (4 Mo non compressé). Ce qui représente un total de 84 méga (en format 16 bits linéaire) de formes d'ondes diverses et variées ainsi qu'un potentiel de 1741 Patches. La programmation est poussée, mais pas obscure. Le manuel en français est clair, mais il manque la section “Cours avancé” comme dans les anciens manuels. Ici, il n'y a que la section “Cours de base” .

Il y a des paramètres intéressant comme le PATCH Analog feel, le WG FXM, le WG Random pitch, le filtre LPF, BPF, HPF ou KPG, le TVF resonance, le TVF cutoff, le LFO offset, les deux LFO ou la kyrielle de paramètres pour les sons de percussions (WG, Pitch ENV, TVF, TVF ENV, TVA, TVA ENV). Les multiples combinaisons de Structure des Tones permettent d'en combiner deux dans un Booster ou un Ring modulator. Les Patches peuvent être assignés à une quelconque zone du clavier (fonction “Stack” ou “Split”). La modulation matricielle est très bien implémentée, elle donne plein d'expressivité à l'intrument/timbre par l'intermédiaire des contrôleurs continus. Ces contrôleurs MIDI permettent aussi de piloter des paramètres du multi-effets… En plus de la classique sortie audio stéréo, le JV-1080 a en plus deux paires de sorties supplémentaires, c'est pratique pour un mixage pointu. Il faut se méfier des Patches dans lesquels la section d'effets joue un rôle très important sur le timbre final. En effet, si je souhaite utiliser un tel Patch dans une Performance, je dénature les autres programmes (Patch), ou inversement, mon programme avec son effet bien travaillé perdra de sa qualité en lui appliquant un autre effet dans une combinaison multitimbrale (Performance).

Le JV-1080 est encore très populaire et il est encore présent dans de nombreux Studios Pro et Home-Studios. Le XP-50 (le clavier) a été utilisé par The Cure, Mike Oldfield, Amadeus... Le JV-1080 a été utilisé par Apollo 440, Brian Birge, Faithless, Hardfloor, Max Hunt, Jens Johansson, LTJ Bukem, Kenneth George Mills, Jordan Rudess, Roni Size, Scanner, Billy Jay Stein, Nyle Steiner, Pete Waterman...

Constituant la majeur partie des instruments électroniques actuels, la lecture d'échantillons est un moyen facile de fabriquer des synthétiseurs à synthèse soustractive. En effet, plutôt que de fabriquer des formes d'ondes originales et évolutives, on s'est dit qu'il était intéressant de stocker une multitude d'échantillons sonores et de s'en servir de base pour créer des timbres complexes. Cette technique a rendu très réalistes les instruments basés sur ce principe. A cause du caractère reconnaissable d'un certain nombre d'échantillons, il est parfois difficile de créer des sons radicalement nouveaux. Elle n'est pas a proprement parler une véritable synthèse.

Le principe de la synthèse soustractive consiste à filtrer des signaux riches en harmoniques. Simple à mettre en oeuvre et économique, la synthèse soustractive s'est naturellement imposée sur les premiers synthétiseurs, dès les années soixantes. La synthèse soustractive peut prendre une autre source que le classique oscillateur délivrant des formes d'ondes périodiques simples, que celui-ci soit analogique ou numérique. A partir de la fin des années quatre-vingts, nombre de synthétiseurs soustractifs ont utilisé des échantillons numériques comme source de synthèse. Il peut s'agir d'échantillons d'instruments acoustiques ou électriques, pris séparément (piano, basse, orgue...) ou enregistrés ensembles (section de cuivres, de cordes...), mais également de voix ou de bruits divers. L'efficacité d'un filtre est fonction de sa pente, encore appelée "rolloff" ou "slope", exprimée en décibels par octave (dB/octave) ou en pôle. Le terme "pôle" fait référence au schéma typique d'un filtre ayant une pente de 6 dB/octave. Ainsi, on trouve des filtres 1 pôle, 2 pôles (12 dB/octave), 3 pôles (18 dB/octave) et 4 pôles (24 dB/octave). Additionner les pôles revient à placer des filtres identiques en série. On attribut à Robert Moog l'idée de mettre en série quatre filtres passe-bas, schéma désigné sous le terme de cascade de Moog. Sur un synthétiseur soustractif, deux paramètres principaux permettent d'ajuster l'effet de filtrage : la fréquence de coupure qui est la fréquence à partir de laquelle le filtre va entrer en action, et la résonance (disponible sur certains instruments), qui permet de faire entrer le filtre en auto-oscillation. Celui-ci se comporte alors comme un oscillateur. Il est également possible de modifier l'évolution temporelle de l'effet en adjoignant au filtre une enveloppe d'amplitude.

L'expression en temps réel ! Moduler signifie intervenir sur certains paramètres du son, soit de manière interactive, de la même manière qu'un instrumentiste avec la vélocité, la pression, le Pitch bend, le Breath Controller ou n'importe quel contrôle MIDI, soit au moyen d'un effet prédéfini : enveloppe, LFO… La modulation matricielle est en fait, comme avec la synthèse vectorielle, plus un système de contrôle du son et permet de modifier ou de créer l'allure du timbre final par des processus électroniques. A l'instar des synthétiseurs modulaires, composés de divers modules connectables entre eux, la modulation matricielle permet de créer des connexions variées entre les modules du synthé (LFO, enveloppes, etc.). Il s'agit en fait d'une méthode extrèmement flexible de contrôle du son, permettant d'assigner la plupart des contrôleurs de l'instrument (clavier, molettes, enveloppes...) à des paramètres sensibles (filtre, LFO, amplificateur...). Sur les anciens modulaires, tel le Moog 55, il fallait brancher ("patcher") physiquement avec des câbles entre les modules ou insérer des fiches sur une matrice : jonction en X et Y (souces en lignes, destinations en colonnes) comme sur le EMS VCS3; d'où le nom de "matricielle". Sur les machines modernes sont déjà prépatchés la molette au LFO et le Bender au Pitch (hauteur de la note). Aujourd'hui, l'affectation des modules entre eux s'effectue par logiciel. Les synthétiseurs intégrant la modulation matricielle offrent généralement une souplesse d'utilisation et une palette de possibilités créatives très étendues.



Caractéristiques techniques

Date de commercialisationJuillet 1994
Type de synthèseSoustractive, échantillons
RésolutionRS-PCM
18 bits D/A
Mémoire8 Mo* de données d'ondes
448 formes d'ondes,
dont 132 de percussions
*16 Mo en format non compressé
Extensible avec les cartes
SR-JV80 et SO-PCM1
ClavierN/A
Expression MIDIVélocité d'attaque ET de relâchement,
After Touch (canal et touche),
Portamento
Legato
Sostenuto
Expression
Sustain
Sourdine
Souffle
Programmes, Timbres, Singles, Voices (presets/progr.)512/128
(+64 prog. sur carte M-256E
ou +128 sur carte M-512E)
Combis, Patches, Performances, Multi (presets/progr.)64/32
(+16 perf. sur carte M-256E
ou +32 sur carte M-512E)
Afficheur2 lignes de 40 caractères LCD
Polyphonie64 voix
Nombre d'oscillateurs/générateurs64 générateurs
Multitimbral16 voies
Sons de batterieOui: 10 kits
(8 presets + 2 user)
(+1 kit sur carte M-256E
ou +2 sur carte M-512E)
EffetsReverb/Delay, Chorus,
40 FX en insert
SéquenceurNon
Stockage externeCarte RAM, PCM, SysEx
MIDIIN, OUT, THRU
Sorties audio1 x stéréo avec effets,
2 x stéréo sans FX ("dry")
OptionsCartes PCM série SO-PCM1
Cartes DATA série PN-JV80
Cartes RAM série M-256E ou M-512E
Expansion série SR-JV80
CompatibilitéSysEx JV/XP "6A" Family

Voir quelques trucs et astuces du Roland JV-1080…

crayon Le JV-1080 est incompatible avec les données SysEx des JV-1000/JV-90, JV-80, JV-880 (famille "46"). Fred Fee a fait un programme de conversion de données JV-880 vers JV-1080: JV880 to JV1080 Patch converter pour ATARI ST. Mais il a fait aussi d'autres programmes sympas pour Wavestation SR, A-880… L'entrée de son site "Backroom Boys Atari MIDI Software" est ici.

crayon Le JV-1080 peut également lire les données de Patches et d'ensembles rythmiques stockées sur carte DATA par le JV-1000/JV-90, JV-80, JV-880 (famille "46"). Toutefois, durant la lecture de ces données, l'instrument accomplit également une conversion car il y a des différences dans la façon dont les paramètres sont organisés. Le résultat est que certains Patches peuvent sonner légèrement différemment par comparaison avec ce qu’ils donnaient sur le synthé JV d'origine.

crayon Les sons peuvent être modifiés par MIDI, par les contrôleurs continus, (ouverture du filtre, résonnance, volume, panoramique, niveau des effets…) ou par messages SysEx (là, on peut tout modifier: le type de filtre, les effets, les formes d'ondes…) En selectionnant l'option « Tx.Exc » dans le SYSTEM SETUP, il suffit de choisir un paramètre, de tourner la molette [VALUE] et les codes MIDI sont enregistrés dans votre séquenceur (à condition que celui-ci puisse enregistrer les messages exclusifs).

crayon Pendant une édition, si je ne suis pas satisfait d'un changement effectué, je peux retourner au réglage que le paramètre avait préalablement en pressant rapidement deux fois la molette [VALUE]. Chaque pression sur cette molette fait alterner entre le réglage avant le changement ("annulation") et le réglage après le changement ("retauration"). Cette fonction est aussi appelée "Undo / Redo".

crayon La fonction « Scale Tune » permet de régler précisément et individuellement les hauteurs des notes d'une octave (de do à si ou “C” à “B”). Les réglages fait ici s'appliquent à la totalité du clavier, pour une ou plusieurs Parts dans une Performance. Cette fonction rend possible des accords autres que le tempérament égal habituel. On peut alors configurer des gammes microtonales pour la World Music, gammes arabes… ce qui est très intéressant.

Mellotron La fonction « Key Range » (Tessiture) permet le réglage de zones de jeux sur le clavier. Ceci est très intéressant pour reproduire les chœurs Mellotron de la SR-JV80-04 qui ne sont pas exactement mappés comme sur l'original. Pour le Patch 231 "Tron choir", les notes sont toutes espacées d'un demi-ton tout au long du clavier de C2 à C7, alors que sur un authentique Mellotron M400, le clavier est splitté en deux parties de même hauteur tonale. La première en G3-B4 (Sol3-Si4) et l'autre en C5-F6 (Do5-Fa6). Cette disposition permet de créer des modulations et dissonances particulièrement plaisantes à exécuter. Pour remédier à cette lacune, il faut donc programmer un Patch qui utilise deux Tones, les splitter en B4-C5 (paramètres "Key lower" et "Key upper"), transposer d'une octave vers le bas le Tone supérieure (paramètre "PITCH"). Et le tour est joué, miam…;-)

La version clavier du JV-1080 est le XP-50, qui est sortit en 1995, soit un an après le JV-1080. Le XP-50 avait en plus un séquenceur 16 pistes de 60 000 notes et un lecteur de disquette 3"1/2. Le JV-1080 aura une descendance “musclée” avec le JV-2080: 8 slots pour Expansion Board SRJV, 5 banques Preset, 3 sets de 40 FX… Suivront les modèles JV-1010, XP-50, XP-60, XP-80, XV-88, XV-3080 et XV-5080 (128 voix de polyphonie, 1152 presets (plus de 3000 Patches avec les 8 Expansion Board, et illimité en SamplePlayer), lecture des échantillons Roland S-700 et Akai S1000, 24 bits, 5 processeurs d'effets, S/PDIF, R-BUS, SCSI, Worldclock, 8 sorties audio analogiques…). Ses synthés font partis de la famille JV/XP notée "6A".

Mac talk Vous voulez écouter les démos du Roland JV-1080 ? Alors cliquez sur le bouton ci-dessous.


Voir le Manuel utilisateur du JV-1080 pdf (13,4 Mo) FR

Voir la procédure de tests et reset du JV-1080.

MacTalkSR-JV80 Series  J'ai ré-installé la carte d'extension SR-JV80-04 « Vintage Synth » Roland qui ajoute 255 Waveforms ainsi que 255 Patches supplémentaires au JV-1080. Ce qui me permet de retrouver ma palette de sons “Oldies” (but goodies) comme, entre autres, le fantastique Mellotron M-400 avec ses samples de "Flute" "Violin" et "Choir"; sans oublier les Solina ARP, Rhapsody Elka, PPG Wave, PS Korg, CS Yamaha, Prophet 5 SCI, MiniMoog, SH, Jupiter, Juno, D-50, GR-500 et autres GR-300, miam… En 2005, la gamme des Expansion Board SRJV80 est encore au catalogue Roland. Ces cartes d'extension ne se trouvent plus aujourd'hui que chez certains revendeurs ou sur le marché de l'occasion !

sheckmark En savoir plus sur les "Expansion Board"…


Ouvrir la page de David Peters sur des ressources JV/XP: différences entres les modèles, trucs et astuces, utilisation des SysEx… (pages en anglais) EN

/! Ouvrir la page de Benjamin Tubb sur les JV/XP: programmation, ses compositions… (pages en anglais) EN

Ouvrir la page Roland JV/XP Files sur SYX/MID/SVD User Files… (pages en anglais) EN

Ouvrir la page JV/XP Patches Download : FAQ, Editeur Windows, Patches… (pages en allemand ou en anglais) EN EN

JV XP Webring
Le Web ring JV/XP

MacTalk Tant les capacités et possibilités du JV-1080 sont grandes, que je me suis séparé du Korg M1Rex. Le SUPER JV sait faire du "One World", de l'"Universe" ou de l'"Aquaphone"…


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