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Le Erhu

Le violon chinois

le Erhu

J'ai découvert le erhu lors d'un concert de Zazie en 2003. Pour un titre, le bassiste a joué du erhu dans « Chanson d'ami ». Zazie a présenté l'instrument en l'appelant “vielle chinoise”. Elle a même plaisanté en disant “vieille chinoise”... J'ai tout de suite été fasciné par son timbre mélodieux. Il rappelle son lointain cousin le violon occidental, avec un son quelque peu différent. L'expressivité donné au jeu de cet instrument non fretté est très émouvant, grâce entre autres à la possibilité de faire un vibrato de grande amplitude. Le portamento très usité donne une intonation particulière dans l'exécution, voire un brin mélancolique.

La caisse de résonance hexagonale en bois et la table d'harmonie en peau synthétique — qui était autrefois en vraie peau de python — confère à l'intrument son timbre particulier. La partie arrière de la caisse de résonance (évent) est très partiellement obturée par une pièce de bois ou en plastique moulé ajourée et joliment ouvrée. Sur la caisse est fixé le manche à l'extrémité duquel deux chevilles assurent la tension et donc l'accord des cordes tendues jusqu'au bas de la caisse. Le bois de l'instrument est souvent le Hong Mu 红木 (bois rouge connu aussi sous le nom de bois de rose) ou bien le Nan Mu 柏树 (bois léger et dur, odorant, de couleur assez claire appelé parfois cèdre blanc). Les cordes sont des fils en métal droit pour la corde aiguë (A4) et enroulé pour la grave (D4). L'archet en bambou, dont la mèche peut être en crin de cheval ou en nylon, est emprisonné entre les deux cordes. Il existe également une version légèrement plus grande et plus grave appelée zhonghu 中胡。 (two string viola).

Le Er-Hu est un instrument incontournable dans tous les orchestres chinois et se joue aussi bien en solo qu'en instrument d'ensemble. Il y figure souvent en compagnie d'autres instruments à cordes frottées tels que le Ban-Hu 板胡, le Jing-Hu 京胡, et le Gao-Hu 高胡. Le ErHu est aussi employé dans les formations modernes et il y côtoie synthétiseurs et guitares électriques. Le Erhu est aussi appelé violon chinois (“chinese violin”, “two string fiddle”).

Déclinaisons du erhu

Le Morin-Khur (Ma-Tou-Qin 馬頭琴) ou violon à tête de cheval est un instrument à cordes mongol typique avec deux cordes, mais très différentes du Er-Hu. La mèche de l'archet ne passe pas entre les deux cordes. L'instrument et la manière de jouer est plus comparable au violoncelle qu'a l'erhu. La caisse trapèzoïdale et la table d'harmonie sont faites en bois. Le haut du manche est orné d'une tête de cheval en bois sculpté. Le Morin-Khur “vièle cheval” est principalement utilisé pour accompagner le fameux chant diphonique khöömi.

Les japonais ont fait une version du Erhu avec trois cordes: le Kokyu 胡弓. Il est apparu au XVIIe siècle, et on pense qu'il s'agit d'une adaptation du Erhu. Le kokyu ressemble beaucoup au Shamisen. Généralement, le Kokyu accompagne les ensembles de Kotos. Il était également employé en musique de chambre incluant le koto et le shamisen. Cet ensemble fut appelé sankyoku 三曲, ce qui signifie musique pour trois instruments. Puis, au début du 20e siècle le kokyu a été remplacé par le shakuhachi. Le kokyu a été populaire durant la période Edo (1615-1868). Aujourd'hui, le Kokyu est joué de manière traditionnelle ou bien moderne dans des formations jazz, fusion, pop, techno ou electro.

L'instrument Source Wikipedia

Inventé il y a plus de 1000 ans, le erhu — du chinois : 二胡, de “er” (deux) et “hu” (barbare) — est un instrument de musique traditionnel chinois provenant probablement d'Asie centrale.

Il est composé d'une caisse de résonance en bois et peau de serpent, d'un manche en bois, et de deux cordes (Do et La). La table de résonance peut aussi être faite d'une fine planche de bois et la caisse faite d'une calebasse ajourée au dos (pour que le son puisse ressortir) ou encore avec une noix de coco. Les modèles les plus courants ont la plupart du temps la table d'harmonie faite en peau animale qui transmet le son de façon plus forte.

Jiebing Chen: présentation du Erhu Un archet dont la partie frottante est coincée entre les cordes, est utilisé pour faire vibrer ces dernières, comme sur les violons occidentaux. la tension du crin est obtenue soit en en écartant celui-ci avec les quatre doigts de la main et en prenant appui sur l'extrémité de l'archet avec le pouce, soit comme sur les archets modernes avec le même système vis-écrou que le archets occidentaux.

Il fait partie des instruments traditionnels utilisés pour la musique de l'opéra chinois. Récemment, durant le XXe siècle, les styles et les possibilités de jeu ont été augmentés. Il existe maintenant aussi des morceaux entiers pour erhu seul. On retrouve cet instrument avec différents noms et des variantes de formes (notamment pour la caisse de résonance) partout dans le sud de l'asie et ce sont souvent les colonies de marchands chinois qui l'y ont apporté.

On trouve le erhu en Chine, au Viêt Nam (Dan Nghi ou Nhi), au Cambodge (Tro), au Laos, en Corée, en Thailande, en Indonésie, au Japon…

J'en veux un !…

Mac talk  Au printemps 2006, j'ai acheté par Internet un erhu en Angleterre chez Lindo Ltd (www.lindoltd.com). Ce revendeur propose un “hardcase” contenant le erhu, deux jeux de cordes (set of strings), deux archets (horse tail bows), deux chevalets (bridge), de la colophane (Bow rosin) et un bout de ficelle à rôti ! (Qianjin). On peut acheter en chine, mais ça revient plus cher à cause des frais de port, même si l'instrument semble “donné”… On peut aussi trouver cet instrument à plus de 1500 dollars (“Advanced professional erhu” en bois de santal ou bois de rose)… J'ai reçu l'instrument huit jours après avoir passé la commande. Avec une notice d'une page recto-verso tout en chinois et sans dessin, je me suis demandé comment j'allais monter les cordes, les accorder et pratiquer l'instrument… Sur Internet, j'ai trouvé quelques liens intéressants, et il n’existe pas (encore) de livre du genre « Le Erhu POUR LES NULS ». L'artiste Jiebing Chen (www.jiebingchen.com) a répondu à mes courriels (en anglais). Elle m'a donné quelques liens pratiques (cf. ci-dessous). Elle a notamment insisté sur la nécessité de prendre des cours avec un professeur. Rick Walker (http://www.omnisterra.com/scgi-bin/view.pl/Main/view.pl?ChineseViolin) m'a donné des conseils – en anglais – pour le montage des deux cordes et le positionnement du chevalet (bridge), car je suis gaucher (inversion des cordes). Il m'a donné quelques liens pratiques (cf. ci-dessous). Il a également insisté sur la nécessité de prendre des cours. La confection minutieuse du “Qianjin” — sorte de sillet — est à faire avec une grande précision. Et le maniement de l'archet est tout un art…

Quelques liens relatifs au Erhu

/!\ Je ne sais pas en jouer, et ne saurai probablement jamais en jouer. Mais l'instrument en lui-même est beau et fait rêver. C'est un voyage immobile…



Quelques exemples sonores

Démo du Erhu (instrument solo)
Démo du zhonghu (instrumental traditionnel)
Extrait de Birdland de l'album SHO de Jia Peng Fang (instrumental moderne)


crayon Pourquoi ai-je mis cet instrument dans "Divers" ? Parce que j'ai de la place dans cette rubrique et que je n'allais pas créer spécialement une section "Cordes". C'est l'unique instrument à cordes que j'ai. 


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