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ENSONIQ VFX

Dynamic Component Synthesis & TransWaves

ENSONIQ VFX

L'Ensoniq VFX s'inscrit dans la lignée des grands synthétiseurs américains novateurs comme le Sequential Circuits Prophet VS ou Kurzweil K1000. Il est basé, entre autres, sur le principe de la synthèse par tables d'ondes, comme le PPG Wave ou le Waldorf Microwave.

Le VFX emploie trois types de synthèse : la lecture d'échantillons, la synthèse soustractive et la synthèse à table d'ondes « Transwaves™ ». Les Transwaves donnent au VFX un son unique que seuls les autres instruments utilisant la synthèse à table d'ondes peuvent produire. Le balayage des tables d'ondes peut être modulé de différentes façons, donnant un son très animé et évolutif lorsqu'il est bien programmé. Les Transwaves sont aussi le seul moyen pour obtenir un timbre avec résonance car les filtres du VFX n'ont pas de fonction "résonance". Les formes d'onde des synthés VFX et VFXSD ont une résolution de 16 bits avec une fréquence d'échantillonnage d'environ 39 kHz. Ce qui aujourd'hui paraît juste, mais c'est sans doute ce qui fait son “grain”…

L'Ensoniq VFX a 21 voix de polyphonie, 12 voies de multitimbralité, 120 patches et 20 presets (explication de "Preset" plus bas). Il dispose d'une petite mémoire comparée aux productions actuelles. Un seul patch (Sound) peut contenir jusqu'à 6 oscillateurs (VOICES) puisant dans les 109 échantillons contenus dans sa mémoire ROM. Ces oscillateurs peuvent être combinés et superposés. On retrouve les paramètres de programmation comme sur un synthé analogique : deux filtres multi-mode numériques (6, 12, 18 ou 24dB/oct., LP, HP, BP), 3 enveloppes à 5 segments (pitch, filtre, amplitude), LFO, et 15 sources de modulation qui permettent de moduler et transformer le patch. Les 109 samples sont divisés en dix catégories (appelé « Wave Classes » dans le manuel Ensoniq) : STRING-SOUND, BRASS-SOUND, BASS-SOUND, BREATH-SOUND, TUNED-PERCUS, PERCUSSION, TRANS-WAVE, WAVEFORM, INHARMONIC, MULTI-WAVE. Les six premières catégories sont on ne peut plus classiques, et leurs noms évoquent clairement le contenu. Les quatre dernières sont les plus intéressantes à mon goût. Ce sont celles-ci qui donnent le caractère bien particulier à ce synthé. Les Transwaves sont l'originalité du VFX, comme sur le MR-Rack, mais en plus facile à programmer. Chaque Transwave — table d'ondes — est composée de plusieurs formes d'ondes. Le principe des tables d'ondes consiste à enchaîner la lecture de différentes formes d'ondes harmoniquement proches ou non. On programme la durée de chacune d'elle, ainsi qu'un éventuel temps de fondu-enchaîné (crossfade). Lorsqu'on lit la Transwave, on passe successivement d'une onde à l'autre, ce qui modifie le timbre. Il est possible de choisir le délai avant déclenchement de la lecture, le point de départ de la lecture, la durée de la boucle, la source et le niveau de modulation, etc. Il y a 17 tables d'ondes dans la "Wave Classe" appelée "TRANS-WAVE". Les échantillons classés "INHARMONIC" contiennent 5 attaques, des transitoires. La classe "MULTI-WAVE" contient une seule onde appelée "ALL-WAVES". C'est en fait toute la mémoire du VFX. Un certain nombre de Waveforms contigus sont “jouées” en boucle, en tenant compte des paramètres "START", "LENGTH" et "FORWARD/REVERSE". Cela fait des séquences rythmiques sans pouvoir programmer les sons qui s'enchaînent, comme c'est possible sur un Wavestation grâce au "Wave-Sequencing". Quant à la classe "WAVEFORM", elle contient 23 samples basiques et variés. Avec tout ça, le VFX est capable de produire des sons du plus zen et aérien au plus agressif et acide, en passant par des bruitages et atmosphères dignent des grands films de SF ou fantastique. Les Transwaves et Multiwaves permettent de faire des sons avec structure rythmique (Jam Loop), façon "Digital Native Dance" du Roland D-50. On peut sélectionner trois programmes dans un "PRESET", sorte de performance pour créer des gros sons bien épais, des couches (layer) ou des zones séparées (split). On peut ainsi réaffecter individuellement le volume, le mapping, panoramique et transposition pour chaque programme. Si un Preset est composé de 3 Sounds utilisant chacun 6 "Voices" (six formes d'ondes, donc six générateurs), il fera alors 18 sons simultanés pour une touche enfoncée. Le VFX n'a que 21 voix de polyphonie. Si l'on y prend garde, on arrive vite à la limite en empilant des Programs pour avoir un gros son. L'Ensoniq VFX est doté de l'allocation dynamique de voix. A l'époque l'allocation de voix était couramment statique. Il existe un paramètre de programmation de voix qui s'appelle "VOICE PRIORITY" qui donne un certain contrôle sur les voix qui doivent être entendues ou "mutées" lorsque tous les générateurs — les voix — du VFX jouent en même temps. Une VOICE peut avoir trois niveaux de priorité : LOW, MED, HI. Avec "LOW" la note sera perdue en cas de dépassement de polyphonie. Avec "HI" la note sera maintenue. Et avec "MED" la dernière note jouée sera entendue et la plus ancienne coupée. C'est le mode le plus couramment utilisé. En utilisation normale du synthé, je n'ai pas constaté d'interruption de voix, même en cas d'accords à la main gauche et main droite.

Les contrôleurs sont classiques : le "Bender" qui modifie le "pitch" (hauteur du son), la molette de modulation qui généralement ajoute du vibrato, et la pression d'après toucher "Aftertouch". A noter qu'Ensoniq a toujours équipé ses claviers de l'Aftertouch polyphonique, en plus de l'aftertouch de canal. Ensoniq l'a nommé “Poly-Key™ Pressure”. Tout comme la molette de modulation, l'aftertouch est un modulateur qui peut être assigné pour altérer le pitch, le volume, la fréquence du cutoff, la profondeur du LFO, le panoramique, etc. Chaque patch mémorise l'utilisation de l'aftertouch : polyphonique, canal, ou sa désactivation. Une pédale d'expression Ensoniq CVP-1 "Control Voltage" peut être assigné à un paramètre de modulation. Par défaut c'est le volume qui est contrôlé. Sinon, dans le menu "MASTER PAGE", la pédale CV peut être affectée à un autre contrôleur MIDI. Enfin, l'entrée "Foot Switch" contrôle le sustain. Cette entrée pour pédales switch de type "sustain" est un jack stéréo (TRS) permettant d'avoir deux pédales (une sur le TIP, l'autre sur le RING, le SLEEVE étant commun). La pédale double portait la référence Ensoniq SW-5. Elle peut être remplacée par une production actuelle : Kawai F-20, Fatar VFP2-15, etc. Une autre originalité du VFX est l'option "Patch Select". Il y a, sur la gauche du clavier, deux boutons nommés "Patch Select" juste au-dessus du pitch bend et de la molette de modulation. On peut appuyer sur celui de gauche, de droite ou les deux ensemble de manière à sélectionner ou désélectionner une ou plusieurs des six voix programmées dans le programme courant (Sound), ceci de façon momentanée. C'est une autre possibilité de modifier légèrement ou radicalement un son. Les boutons de [Patch Select] répondent en MIDI au contrôleur #70 (cf. le manuel pour plus de détails…). Il y a également une source de modulation spécifique, appelé "Timbre" : lorsqu'on appuie sur le bouton [Timbre], on a la possibilité de moduler le son avec le curseur de saisie de données ou les touches de flèches [∧] (up) et [∨] (down). Il faut toutefois redéfinir la fonction du slider dans la page [Master]; sinon par défaut il sert à l'entrée de données. Il peut être intéressant de jouer en mode "Preset" — par rapport au mode "Sound" — afin d'empiler (stack) ou répartir (split) 3 sons différents sur le clavier.

Le mode "Performance" du VFX est appelé "MULTI" par Ensoniq. Dans ce mode, on dispose alors de 12 canaux MIDI (6 en "MULTI A" et 6 en "MULTI B"). Chaque canal — appelé "TRACK" par Ensoniq, par analogie à un séquenceur — est constitué d'un programme associé à des paramètres de Performance. Le jargon est un peu tiré par les cheveux… Contrairement au mode Preset, le VFX ne comprend qu'une seule mémoire MULTI. Elle est toujours présente dans le synthé. La seule façon de changer de son dans un Multi consiste à sélectionner un autre programme via le panneau de commande du VFX ou bien d'effectuer un “Program Change” MIDI (PC# sur le canal MIDI). Comme pour le mode Preset, on peut changer les paramètres de Performance de chaque son du Multi. En mode Multi, je peux superposer jusquà 11 programmes au Sound initial. Je peux tous les assigner à tout le clavier (stack) ou bien créer 12 zones de jeu différentes, 12 points de séparation (split). Je peux copier les trois programmes d'un Preset dans un Multi (A ou B), chaque Track du preset conserve sa propre programmation. Un set d'effets s'applique aux 12 pistes, à l'ensemble des Multi. Le mode multi est à utiliser avec un séquenceur externe.

Le double processeur d'effet est en 24 bits (“ESP chip” : Ensoniq Signal Processor, DSP maison) pour avoir des réverb, chorus, flanger, delay, rotary et overdrive… Le module d'effet utilise trois bus : FX1, FX2 et DRY (bypass). Les VOICES sont routées indépendamment sur un de ces trois bus. Les deux bus d'effets permettent de doser (wet – dry) chaque effet d'un double effet (Chorus + Reverb, Flanger + Reverb, Delay + Reverb, Flanger + Delay + Reverb, Roto Speaker + Delay, Roto Speaker + Disto). Les effets peuvent être modulés (KEY-GATE, KEYBOARD, VELOCITY, PRESSURE, PITCHWHL, MODWHEEL, MODPEDAL, XCONTROL, SUS-PEDAL, TIMBRE, PATCHSEL, *OFF*). Chaque effet est programmable. Lorsqu'un effet combiné est sélectionné, "Chorus + Reverb" par exemple, le bus FX1 est assigné au Chorus (effet 1) et FX2 l'est à la Reverb (effet 2). On peut choisir si les effets sont en série ou en parallèle. Lorsqu'on sauvegarde un Sound (programme) ou un Preset, les effets ainsi que leurs paramètres sont sauvegardés en même temps.

L'Ensoniq VFX gère les tables microtonales. Ce qui rend possible des accords autres que le tempérament égal habituel. On peut alors configurer des gammes microtonales pour la World Music, gammes arabes, chinoises, Pythagore, Werckmeister, etc. Ce qui peut être une source d'explorations et d'inspirations intéressantes… Attention, la programmation d'une table microtonale empute le patch des voix 5 et 6 afin de libérer de la mémoire nécessaire à la table d'accord. Prudence donc si ces voix prennent une part importante dans le timbre…

Les mémoires de programmes sont organisées en trois unités : ROM (figés), INT (RAM modifiables), CRT (sur cartouche). Ces unités mémoire sont partitionnées en 10 banques accessibles par les dix boutons sous l'écran (bank 0 à bank 9). Chaque banque contient 6 Sounds sélectionnables via les six boutons "Soft" autour de l'afficheur, trois au dessus et trois au dessous. Chaque unité de stockage contient donc 60 programmes. L'Ensoniq VFX dispose donc de 180 programmes, lorsqu'une cartouche est insérée dans la trappe située à droite du pavé “Programming”. Les cartouches sont ineffaçables (ROM) ou reprogrammables (EEPROM). Les presets "Usine" (factory preset) en ROM sont très typés « Années 90 ». Nous avons, malheureusement, la panoplie des sons qui “clochettouillent” à la Roland D-50 (DigiBell, Faintasia, etc.), qui “soufflent” à la Fairlight CMI (BreathVox, BottleBlow, Shakuhachi, etc.), qui pianotent à la DX7 (DigiPiano, Metal-Keys, etc.) ou qui chantent à la Korg M1 (DigiVox, Angelvox, etc.). Il ne faut pas faire faire l'imitateur au VFX, il n'est pas (plus) fait pour ça, même s'il y a des Programs Piano, String, Brass, Bass, Saxo, Xylo, etc. Les capacités de programmation permettent de sortir d'autres sons, heureusement. Ses points forts sont les sons synthétiques et évolutifs grâce aux Transwaves. Dans l'Ensoniq MR-Rack, je sens bien la filiation avec le VFX. Certains programmes m'évoquent des films de SF, Fantastique, Suspense ou d'Horreur de Ridley Scott, David Lynch, Brian De Palma ou John Carpenter… Vous me direz que cela reste dans les années 90, effectivement !… On peut faire des Pads et autres Leads qui sonnent comme dans Bladerunner (Vangelis), Enigma (Michael Cretu), Pat Metheny Group (Lyle Mays) ou Genesis (Tony Banks). Ce VFX excelle dans les nappes et autres textures évolutives. Les “Strings Pads” sonnent résolument américain. Certains programmes sont chaleureux comme un “analogique”, et d'autres bien froid comme du “digital”. Les basses peuvent être grasses ou bien acides. Quant aux aigus, ils sont fins, voire cristallins, sans "aliasing" dans l'extrême aigu. Ces aigus “brillants” me rappellent le Kawai K5m. La programmation — ou modification d'un Sound existant — est très accessible grâce aux 12 boutons dédiés qui sont associés à une seule fonction qui apparait sur l'écran lorsqu'on presse une de ces touches. Les boutons "Voice Programming" sont [LFO], [Env1], [Env2], [Env3], [Pitch], [Pitch Mod], [Filters], [Output], [Wave], [Mod Mixer], 2 touches de configuration globale [Program Control], [Effects], et sont suivies par 4 fonctions de programmation et finalisation [Select Voice], [Copy], [Write], [Compare]. C'est bien plus sympa qu'une navigation sur écran (de 2 lignes de 16 caractères…) avec menus et sous-menus… Grâce à l'Aftertouch polyphonique — si cette modulation est programmée dans le Sound —, de nouveaux horizons d'expressivité extrême se présentent. Je trouve le clavier du VFX agréable a jouer.

L'Ensoniq VFX a été utilisé par Tony Banks (Genesis), Richard Barbieri (Japan, David Sylvian, Porcupine Tree), Jean-Jacques Birgé (GRRR, Défense de, Urgent Meeting), Michael Brunone, Bill Mc Cutcheon, Scott Frankfurt, Front 242, Yashuhiko Fukuda, John Greenland, Arnd Kaiser, James D. Maier, Rodger Mason, James Newman, Oscar Peterson, Clark Salisbury, Adrian Thomas, Noritaka Ubukata, Rick Wakeman, Cosmo Watts, JR Whitesel, ...

Constituant la majeur partie des instruments électroniques actuels, la lecture d'échantillons est un moyen facile de fabriquer des synthétiseurs à synthèse soustractive. En effet, plutôt que de fabriquer des formes d'ondes originales et évolutives, on s'est dit qu'il était intéressant de stocker une multitude d'échantillons sonores et de s'en servir de base pour créer des timbres complexes. Cette technique a rendu très réalistes les instruments basés sur ce principe. A cause du caractère reconnaissable d'un certain nombre d'échantillons, il est parfois difficile de créer des sons radicalement nouveaux. Elle n'est pas a proprement parler une véritable synthèse.

Le principe de la synthèse soustractive consiste à filtrer des signaux riches en harmoniques. Simple à mettre en oeuvre et économique, la synthèse soustractive s'est naturellement imposée sur les premiers synthétiseurs, dès les années soixantes. La synthèse soustractive peut prendre une autre source que le classique oscillateur délivrant des formes d'ondes périodiques simples, que celui-ci soit analogique ou numérique. A partir de la fin des années quatre-vingts, nombre de synthétiseurs soustractifs ont utilisé des échantillons numériques comme source de synthèse. Il peut s'agir d'échantillons d'instruments acoustiques ou électriques, pris séparément (piano, basse, orgue...) ou enregistrés ensembles (section de cuivres, de cordes...), mais également de voix ou de bruits divers. L'efficacité d'un filtre est fonction de sa pente, encore appelée "rolloff" ou "slope", exprimée en décibels par octave (dB/octave) ou en pôle. Le terme "pôle" fait référence au schéma typique d'un filtre ayant une pente de 6 dB/octave. Ainsi, on trouve des filtres 1 pôle, 2 pôles (12 dB/octave), 3 pôles (18 dB/octave) et 4 pôles (24 dB/octave). Additionner les pôles revient à placer des filtres identiques en série. On attribut à Robert Moog l'idée de mettre en série quatre filtres passe-bas, schéma désigné sous le terme de cascade de Moog. Sur un synthétiseur soustractif, deux paramètres principaux permettent d'ajuster l'effet de filtrage : la fréquence de coupure qui est la fréquence à partir de laquelle le filtre va entrer en action, et la résonance (disponible sur certains instruments), qui permet de faire entrer le filtre en auto-oscillation. Celui-ci se comporte alors comme un oscillateur. Il est également possible de modifier l'évolution temporelle de l'effet en adjoignant au filtre une enveloppe d'amplitude.

On attribue à Wolfgang Palm, créateur de la firme allemande PPG, l'idée du principe de lecture par table d'ondes : utilisant le schéma standard du synthétiseur, le système de table d'ondes vient remplacer le classique oscillateur, délivrant des formes d'ondes simples, par une mémoire contenant des échantillons numériques de formes d'ondes, chaque échantillon étant plus ou moins différent de l'autre. Il s'agit donc d'enchaîner en lecture plusieurs formes d'ondes différentes, avec des degrés de fondu variables entre chacune, afin de créer un effet de modification du timbre de la sonorité finale, ou au contraire des changements brutaux de tonalité. Les premiers synthétiseurs ayant utilisé cette technologie furent les PPG Wave. Korg avec le Wavestation, ou Waldorf avec le MicroWave et le Wave, ou Ensoniq avec les SQ et VFX, ont adpoté ce système, couplé généralement à d'autres procédés de synthèse.

L'expression en temps réel ! Moduler signifie intervenir sur certains paramètres du son, soit de manière interactive, de la même manière qu'un instrumentiste avec la vélocité, la pression, le Pitch bend, le Breath Controller ou n'importe quel contrôle MIDI, soit au moyen d'un effet prédéfini : enveloppe, LFO… La modulation matricielle est en fait, comme avec la synthèse vectorielle, plus un système de contrôle du son et permet de modifier ou de créer l'allure du timbre final par des processus électroniques. A l'instar des synthétiseurs modulaires, composés de divers modules connectables entre eux, la modulation matricielle permet de créer des connexions variées entre les modules du synthé (LFO, enveloppes, etc.). Il s'agit en fait d'une méthode extrèmement flexible de contrôle du son, permettant d'assigner la plupart des contrôleurs de l'instrument (clavier, molettes, enveloppes...) à des paramètres sensibles (filtre, LFO, amplificateur...). Sur les anciens modulaires, tel le Moog 55, il fallait brancher ("patcher") physiquement avec des câbles entre les modules ou insérer des fiches sur une matrice : jonction en X et Y (souces en lignes, destinations en colonnes) comme sur le EMS VCS3; d'où le nom de "matricielle". Sur les machines modernes sont déjà prépatchés la molette au LFO et le Bender au Pitch (hauteur de la note). Aujourd'hui, l'affectation des modules entre eux s'effectue par logiciel. Les synthétiseurs intégrant la modulation matricielle offrent généralement une souplesse d'utilisation et une palette de possibilités créatives très étendues.



Caractéristiques techniques

Date de commercialisation1989
Type de synthèseEchantillons (39 KHz), Soustractive,
tables d'ondes (Transwaves)
Résolution16 bits
Mémoire1,5 Mo de données d'ondes
109 Sounds en ROM
Clavier61
"toucher léger"
Expression MIDIVélocité, AfterTouch Mono ou Polyphonique
Programmes, Timbres, Singles, Voices (presets/progr.)• 60/60
⊕ 60 (sur cartouche)
Combis, Patches, Performances, Multi (presets/progr.)• 20/20 (Preset)
⊕ 20 (sur cartouche)
• 1 Multi (12 canaux)
Afficheur2 lignes de 40 caractères fluorescents
Polyphonie21 voix
Nombre d'oscillateurs/générateurs 21 générateurs
Multitimbral12 voies
Sons de batterieOui
(VFXSD : OUI, 32 de +)
Effets21 algorithmes 24 bits
Reverb, Chorus, Flanger, Delay
FX1, FX2
SéquenceurNon
(VFXSD : OUI)
Stockage externeCarte EEPROM, SysEx
MIDIIN, OUT, THRU
Sorties audioStéréo
(VFXSD : 1 STR + 2 AUX)
OptionsStor-Cart "E2PROM",
Cartes série VPC-100
Compatibilité des programmesSysEx VFX, VFXSD, SD1

Voir quelques trucs et astuces de l'Ensoniq VFX…

Les boutons SOFT (SOFT BUTTONS)

Les six boutons situés au dessus et au dessous de l'écran ont une nouvelle fonction chaque fois que vous allez presser un bouton "Hard Coded" dans le groupe de boutons "PERFORMANCE", "SYSTEM" ou PROGRAMMING". Chacun de ces boutons [SOFT] est utilisé pour sélectionner directement les paramètres affichés sur l'écran, proche de ces boutons. C'est parce que leur fonction varie qu'on les appelle "Bouton Soft", pour les distinguer des autres qui pourrait s'appeler "Bouton Hard" dont la fonction est figée et ne change jamais.

Superposition de trois programmes (LAYER)

Trois sons peuvent être superposés simultanément (LAYER). Pour superposer deux programmes (Sound), appuyez deux fois rapidement sur le bouton [SOFT] du deuxième son que vous voulez superposer à celui choisi précédemment. Le deuxième programme aura son nom avec le soulignement qui clignote. Pour ajouter un troisième son, double-cliquez sur un autre programme. Si vous double-cliquez sur un quatrième programme, celui-ci remplacera le troisième. Le premier programme est souligné de façon fixe. C'est l'effet de ce programme qui est appliqué aux autres.

Programmation rapide par copie

Ensoniq VFx - Touches de programmation Il y a une fonction toute particulière dédiée à la programmation du VFX. C'est la fonction "COPY". La touche est sitée dans le pavé de touches appelées "Programming". Lorsque je programme un synthétiseur, avec l'aide d'un logiciel sur ordinateur, je peux copier des ensembles de paramètres d'un patch sur un autre ou un nouveau. Et bien avec le VFX cette copie est possible sans ordinateur. Lorsque j'appuie sur le bouton [COPY], il s'affiche le message "COPY <copy context> PARAMETERS" sur l'écran. Ce texte m'invite à choisir ce que je souhaite copier : Wave, Enveloppes, filtres, etc. Il s'agit en l'occurence d'une des douze touches du haut de l'ensemble "Programming". Après avoir fait la copie, le "collage" se fait par la fonction "RECALL" (affichée à l'écran, affectée à une touche [Soft]). Le buffer de copie est indépendant du buffer dédié à la touche [Compare].

Insertion et extraction des cartouches

Si vous décidez d'introduire ou de retirer une cartouche RAM ou ROM dans votre VFX, vous pouvez le faire en gardant le synthé allumé. Cela ne perturbe pas le fonctionnement du VFX.

Copie sur une cartouche EEPROM

La copie de tous les programmes internes (INT) vers une cartouche EEPROM (CRT) prend un peu plus de 2 minutes. Sur l'écran apparaît :

TRANSFERRING DATA
   PLEASE WAIT...

Ne vous inquiétez pas si ça vous semble durer une éternité…
La copie de la cartouche (CRT) vers la mémoire interne (INT) est beaucoup plus rapide. souriant

Comment sélectionner un programme en ROM, INT ou CARD via MIDI ?

Ensoniq utilise les Program Change 126, 127 et 128 afin de déterminer quelle partie de la mémoire du VFX sera sélectionnée par un autre Program Change, inférieur à 121 celui-là. Ci-dessous vous trouverez la cartographie des adresses mémoire en fonction des changements de programme 126, 127 et 128.

L'Ensoniq VFX utilise une notion de "Bank Select" GM avant l'heure.

Le VFX est planté “SYSTEM ERROR 144”, argh !

SYSTEM ERROR 144          REINITIALIZE
PRESS ANY KEY TO CONTINUE...

Si votre Ensoniq VFX (VFXSD, SD-1) affiche le message SYSTEM ERROR 144 et ne répond plus, et peut avoir une note coincée, pas de panique, ce n'est pas grave. L'erreur 144 est causée par un trop grand nombre de messages MIDI reçus sur la MIDI-IN ("Out of buffers") ou que des données MIDI sont erronées. Le plus simple est d'éteindre, puis de rallumer 10 secondes après le VFX. Si vous étiez en pleine programmation d'un son le travail non sauvegardé est perdu.

/!\ Si vous appuyez sur le troisième bouton [SOFT] au dessus de l'afficheur intitulé REINITIALIZE, vous allez remplacer les programmes en RAM (Sounds et Presets) par ceux en ROM (Factory). Peut-être bien que le fait d'appuyer sur n'importe quelle touche du VFX réinitialise aussi tous les programmes…

Si vous le pouvez, filtrez les données MIDI à destination du VFX (dans les propriétés MIDI de votre séquenceur, par exemple), ou bien débranchez la prise DIN en MIDI-IN sur le VFX pour être tranquille.

Vérifier la tension de la pile de sauvegarde

Pour vérifier que la tension de la pile de sauvegarde (BR2032 ou CR2032) n'est pas trop faible, affichez la page ANALOG TESTS. Appuyez et maintenez enfoncée la touche [Preset] et pressez en même temps la touche [Compare]. L'affichage ci-dessous apparaît (avec des valeurs différentes bien sûr) :

ANALOG  PTCH=064 MOD=000 PED=127 VOL=127
TESTS   KNOB=000 PSL=000 REF=111 BAT=145

La valeur de l'indication "BAT=" — deuxième ligne et à droite de l'afficheur — doit être entre 125 et 205.
Ensoniq préconise de changer la pile de sauvegarde si sa tension — effectivement mesurée au voltmètre — est inférieure à 2,7 V.

Aussi, lorsque la tension de la pile de sauvegarde est trop faible, l'afficheur présente le message ci-dessous :

WARNING -- LOW BATTERY VOLTAGE
SAVE DATA - SEE USER MANUAL *CONTINUE*

Il est temps de la changer… N'oubliez-pas de sauvegarder avant vos SOUNDs et PRESETs via un DUMP MIDI.

crayon Un patch (programme) est appelé "Sound" dans le manuel du VFX.

crayon Un "Preset" est la combinaison de trois sounds du VFX.

crayon Une "Performance" est le paramétrage d'un "Preset" incluant le canal MIDI, volume, le panoramique, le mapping, la transposition, etc.

crayon Dans le manuel du VFX, un "Track" fait référence à 1 des 12 canaux internes.

sheckmark Ensoniq avait une astuce pour émuler les filtres avec résonance. Il y a quatre Transwaves dédiés à la simulation d'un filtre résonant lorsque la fameuse Table d'ondes est balayée par un modulateur. L'effet est convaincant, voire bluffant !

/!\ Les patches venant de l'Ensoniq SD-1 pourront “sonner” différemment dans l'Ensoniq VFX (et VFXSD).

Le modèle VFXSD est doté d'un séquenceur 24 pistes d'une capacité 25000 notes extensible à 75000, 60 songs et séquences, un lecteur de disquette 3"1/2 (format Ensoniq non compatible MS-DOS…), etc. Le VFXSD dispose aussi de deux sorties audio supplémentaires (AUX) qui permettent une plus grande souplesse dans le routage et mixage. L'Ensoniq VFXSD contient 32 "Waveforms" supplémentaires. Ces échantillons sont catalogués DRUM-SOUND (17) et MULTI-DRUM (15) dans les Wave Classes.

MacTalkEnsoniq VPC cartridge  Ensoniq a produit 5 cartouches ROM (programmes et presets) pour les VFX, VFXSD et SD-1. Il s'agissait de la série "VPC-100".

Sans avoir réellement un style ou une tendance musicale, ces cartouches offraient 60 programmes et 20 presets. Les 60 programmes d'une cartouche étaient toutefois de très bonne qualité. Suivant les cartouches, on avait un florilège des meilleures programmations de claviéristes-sound designers (VPC-101, 102, 103) ou bien une sélection de sonorités acoustiques (VPC-104) ou électroniques (VPC-105).
Ces cartouches étaient également distribuées sur disquettes pour VFXSD. Ensoniq a ensuite produit la série IPC (4 cartouches).

sheckmark Des indépendants comme CESIUM SOUND, MAARTIST, METRASOUND, ROTATION RECORDS, SOUND SOURCE UNLIMITED, SYNTAUR, VALHALA et VOICE CRYSTAL ont produit des programmes et "cartridges" pour VFX Ensoniq…


 
Message “Keyboard Recalibration Errors”

Certains claviers Ensoniq sont fragiles, et plus particulièrement celui du VFX et VFXSD. A l'allumage du VFX, il y a automatiquement la calibration du clavier qui s'effectue avec le message "CALIBRATING KEYBOARD - DO NOT TOUCH". Lorsque le synthé est fatigué, il peut apparaître "KEYBOARD CALIBRATION ERROR". Le clavier est alors désactivé et le synthé n'est jouable que par MIDI. Il s'agit généralement d'un problème du connecteur entre les deux circuits imprimés (cartes électroniques) situés sous le clavier. Un réparateur compétent pourra solutionner ce problème en remplaçant le connecteur.

Attention: Si vous intervenez vous-même dans le VFX, vous le faites à vos risques et périls !!!

 

Voir la procédure de tests et reset du VFX.

Voir le document Ensoniq Factory Sounds List pdf (56 Ko)

Voir le Manuel utilisateur du VFX pdf (9,2 Mo) EN


MacTalk En plus d'avoir des sons superbes, cet ENSONIQ VFX dispose de l'Aftertouch polyphonique (Polyphonic Key Pressure). Aujourd'hui, printemps 2012, cette commande de modulation n'est plus intégrée dans les synthés ou claviers maître (claviers de commande), hormis le coûteux VAX77 de chez Infinite Response. Pourtant elle l'était jusqu'au milieu des années 1990. A cette époque, le « Polyphonic Aftertouch » était intégré dans les claviers de commande (claviers maître) Roland A-50 et A80 ainsi que Yamaha sur le fameux analogique CS80. Ensoniq l'avait implémenté sur presque tous ses synthétiseurs (ESQ-1, SQ-80, VFX, SD-1, TS-10 / TS-12, ASR-10, etc.). Tous mes expandeurs reconnaissent le “Key's AfterTouch”. Il y a de longues heures d'exploration en perspective… Vingt trois ans après sa commercialisation, j'ai donc craqué pour ce VFX, d'occasion bien sûr ! Il complète ma palette sonore et m'apporte une sensibilité au toucher que je n'avais pas encore éprouvé…

Pour rappel, l'aftertouch polyphonique affecte les notes individuellement et indépendamment selon la pression exercée sur chacune d'elle.



Logo Ensoniq VFX La série Ensoniq VFX et les TransWaves auront des descendants incarnés par le SD1 (1990), la série SQ1 et SQ2 et SQR (1992), et une amélioration des WaveTables appelée « HyperWave™ » dans le TS10 et TS12 (1993), le MR-Rack (1995) et la série MR-61 et MR-76 (1996); et à l'apogée d'Ensoniq avec le FIZMO (1998) utilisant le « Realtime Transwave™ » (avec filtres résonants).

Liens externes…

MacTalk J'ai un synthé ENSONIQ !!! Non, ce n'est pas un MIRAGE… souriant


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