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L'enregistrement d'une guitare electrique

Prise directe, sortie du préampli, micro devant le baffle

Jouer de la guitare et enregistrer la guitare sont deux choses différentes. Dans le premier cas, vous entendez ce que vous jouez, jouer et s'entendre est une seule chose. Tandis que lorsqu'on s'enregistre, le son qu'on écoute n'est pas celui qu'on a joué mais celui qu'on a enregistré. La différence est de taille et quiconque s'est déjà enregistré voit de quoi je parle. En conséquence, pour faire l'enregistrement d'une guitare il y a deux étapes. La première consiste à enregistrer ce qui est joué et rien de plus. Le plus, justement, concerne la deuxième étape, c'est à dire le mixage, le traitement du son.

Si vous choisissez de reprendre votre ampli avec un ou plusieurs micros, évitez les chorus, flanger et autre phaser. Vous les ajouterez lors du mixage final.

Pour enregistrer une guitare électrique, plusieurs méthodes sont praticables. Examinons-les en allant de la plus simple à la plus élaborée.

MacTalk La ou les techniques développées ne sont pas à appliquer à la lettre. Elle vous donne une base qu'il vous faudra adapter à votre propre contexte ou situation. Cet exposé est purement pédagogique et rien ne remplace la pratique et l'expérience.


Article non signé parut dans la presse spécialisée.

Première méthode

C'est la plus évidente. Elle consiste à brancher la guitare directement dans la console par l'intermédiaire d'une pédale d'effets.
Avantage: Mise en œuvre facile. Prise de son silencieuse grâce au casque audio en cas d'environnement "hostile".
Inconvénients majeurs: Aigus criards et grésillants. Basses mal définies et absence de profondeur. Mauvaise saturation favorisant plus l'aspect "électronique" du signal qu'un sustain riche en harmoniques.
Résultat: Toutes les tentatives de récupération du son en utilisant les correcteurs d'une console standard seront vaines et n'apporteront pas d'amélioration significative.

Deuxième méthode

Pas plus complexe que la première, mais plus efficace, elle peut dans certaines circonstances, se substituer à une prise de son par micro: certains préamplis guitare sont munis d'une ou deux sorties "Speaker Simulator" qui sont en fait des sorties niveau ligne munies d'un dispositif permettant de simuler l'effet d'inertie et de résistance produit par un ou plusieurs haut-parleurs.
Avantages: Mise en service facile. Prise de son silencieuse. Sons réalistes (si le préampli est de bonne qualité). Bonne qualité des sons saturés. Sons clairs intéressants par la brillance particulière qu’il est possible d'obtenir. Utilisable pour la spécificité des trafics de son disponibles au sein des générations récentes de préamps guitare (notamment les systèmes à lampes).
Inconvénients majeurs: Les basses manquent de grosseur. Les saturations conservent ce grain un temps soit peu synthético-électronic sans naturel. Son trop direct auquel manque les multi-reflexions d'une prise de son du haut-parleur par un microphone. Le "Speaker simulator" ne fait que simuler la charge du haut-parleur sans en reproduire le son.
Résultat: Contrairement à la première méthode, l'EQ de la console peut être utilisé pour compenser les défauts de spectre résultant de l'acoustique de la pièce: on peut légèrement booster les basses aux alentours de 60 à 80 Hz conférant ainsi une rondeur plus réaliste au son enregistré.

Troisième méthode

C'est la plus réaliste, sinon la meilleure, mais aussi la plus compliquée à mettre en œuvre. Il s'agit tout simplement de capturer le son à l'aide d'un ou de plusieurs micros judicieusement positionnés devant un des haut-parleurs de votre ampli guitare.

1 - Faire le son de la guitare.

Tout va commencer par la mise en place de l'objet de la prise de son, c'est à dire le son de la guitare lui-même. Qu'il n'y a pas de méthodologie absolue pour fabriquer un son de guitare. Sur un ampli, chaque guitariste a un son qui lui est propre. Il s'agit donc tout simplement de faire à l'ampli le son qui vous est habituel. A partir de là, quelques normes doivent être respectées. Le volume de l'ampli doit dans tous les cas avoir un niveau respectable car les amplis de guitare ont pour spécificité de ne donner le meilleur d'eux-mêmes qu'à partir d'un certain volume et plutôt même d'un volume certain. Les correcteurs de la console ne doivent être utilisés qu'en ultime recours pour corriger les éventuels défauts acoustiques de la pièce où se trouve l'ampli. Les reverbs, delays, flangers, chorus ne seront pas enregistrés mais introduits à la console pour le monitoring et le mixage, sauf si la modulation (chorus, flanger, etc.) est absolument désirée par le guitariste. Certains ingé-son ne souhaite aucun effet lors de la prise du son.

2 - Mise en place du ou des micros face aux haut-parleurs de l'ampli.

Il n'est pas nécessaire de posséder un micro à un prix prohibitif pour réaliser une prise de son réaliste et de qualité. Le Shure SM57 est un micro de choix, ce micro dynamique (contrairement au micro statique à condensateur) est muni d’un large diaphragme qui peut supporter une pression acoustique importante (comme celle développée par le H.P. guitare). Placer le micro à quelques centimètres de la grille qui protège le H.P. La tête du micro doit être placée à la frontière séparant le dôme central du H.P. du reste de la membrane. Le micro doit être orienté vers le haut d'une dizaine de degrés permettant de capter parfaitement les basses. Tout ceci est évidemment formel et constitue le point de départ à partir duquel il faudra peaufiner la position. Pour cela il faudra être deux: un qui fera sonner la gratte, l'autre muni d'un casque par lequel retourne le son pris par la console, qui va déplacer un peu le micro autour de la position décrite jusqu'à trouver la meilleure place. Armez-vous d'un bon casque et de patience et notez ce que vous avez trouvé. A partir de ce schéma simple à un seul micro se déclinent plusieurs variantes, en ajoutant d'autres micros à cette configuration. On peut ajouter un micro type 421 Sennheiser (ou son équivalent dans une autre marque comme Beyer ou AKG). Ce micro a une bande passante large et c'est un bon complément au SM57 permettant aux aigus et aux basses d'être mieux définis. Dans ce cas, placer le 421 un peu plus loin, 10 à 30 cm du H.P., orienté de la même façon que le SM57. Pour compléter le tout et pour ceux qui, très exigeants, n'hésiteront pas à investir, on peut ajouter au dispositif précédent un micro d'ambiance type micro statique. Les statiques ou micros à condensateur sont différents des dynamiques, tant par leur fonctionnement que par leur domaine d'application. Ils sont alimentés par le 48 volts de la console, par une pile ou par une alimentation spécifique et sont beaucoup plus sensibles, permettant la prise de son d'un signal considérablement moins puissant en pression acoustique. Les plus connus sont le U87 Neuman et l'AKG 414, mais d'autres marques proposent des modèles quasi identiques et beaucoup moins onéreux. Ces micros étant d'une extrême fragilité, il faudra les manipuler avec prudence et placer le micro d'ambiance au moins à un mètre de l'ampli dans l'axe du H.P. Il ne vous reste plus alors qu'à mélanger habilement les trois composantes pour obtenir le son dont vous avez toujours rêvé (et là, seule l'oreille est juge), puis envoyer le tout sur une ou deux pistes de l'enregistreur. Certains ingé-son effectuent la prise avec un seul microphone, invoquant des problèmes de phase que peu impliquer l’usage de plusieurs micros…

Article non signé parut dans la presse spécialisée.

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